· 5 min · Par Équipe technique PNS
Un ensoleillement souvent sous-estimé
La Seine-Saint-Denis est régulièrement perçue comme un département trop nordique pour le solaire. Les chiffres officiels disent l'inverse. Les données PVGIS de la Commission européenne, croisées avec les relevés Météo-France de la station d'Aulnay-sous-Bois et du Bourget, donnent pour Montreuil et l'est parisien un productible photovoltaïque moyen de 1 050 kWh/kWc/an pour une installation orientée plein sud à 30°.
À titre de comparaison, Lyon plafonne à 1 180 kWh/kWc/an et Bordeaux à 1 250 kWh/kWc/an. L'écart est réel mais loin d'être disqualifiant : la différence de productible annuel entre Montreuil et Lyon représente moins de 12 %, largement compensée par un coût d'installation aujourd'hui aligné sur la moyenne nationale.
L'ensoleillement annuel mesuré sur Montreuil atteint 1 750 heures de soleil par an, avec un pic de juin à août où la production peut dépasser 25 kWh/jour pour une installation 6 kWc.
Orientation et inclinaison idéales en est parisien
Sous nos latitudes (48,86° Nord pour Montreuil), l'inclinaison optimale d'un module photovoltaïque s'établit entre 30° et 35°. La plupart des pavillons de faubourg des années 20-50 du secteur — Bas-Montreuil, La Noue, Le Morillon — affichent une pente de 30 à 40°, ce qui correspond parfaitement à la consigne ; les immeubles à toiture-terrasse plate, eux, se calent sur des bacs lestés inclinés à 10-15°.
L'orientation idéale reste plein sud, mais les expositions sud-est et sud-ouest ne pénalisent la production que de 5 à 8 %. Ce détail change beaucoup de choses : une majorité de maisons orientées biais, fréquentes dans les rues pavillonnaires de Bagnolet, du Pré-Saint-Gervais ou des Lilas, sont pleinement éligibles au solaire sans compromis significatif sur le rendement.
ABF, Murs à pêches et zones protégées
Le périmètre de protection des Murs à pêches de Montreuil, site classé, ainsi que les abords de la mairie de Montreuil et de certaines églises de l'est parisien imposent des contraintes spécifiques pour toute installation visible depuis le monument ou ses abords. Dans ces périmètres, qui englobent une large partie du Haut-Montreuil, l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) doit valider le dossier de déclaration préalable.
Les exigences usuelles dans ces zones : modules entièrement noirs (cellules + cadre + backsheet), pose en intégration au bâti ou surimposition discrète, respect d'un recul d'au moins 40 cm depuis le faîtage et les rives, interdiction des coffrets visibles en façade. Hors des périmètres ABF (Bas-Montreuil, Bagnolet, Romainville, Noisy-le-Sec, Rosny-sous-Bois), le régime est nettement plus souple et seule la déclaration préalable en mairie est exigée.
Spécificité urbaine : un potentiel de toitures-terrasses unique
L'est parisien, c'est aussi des centaines de toitures-terrasses d'immeubles entre Montreuil, Pantin, Bobigny, Noisy-le-Sec et Bondy. Ces surfaces planes, souvent de plus de 800 m² sur les copropriétés et le parc des bailleurs sociaux, constituent un gisement photovoltaïque considérable, exploité aujourd'hui à moins de 8 % selon l'ADEME.
Une installation type sur une toiture-terrasse de 1 000 m² permet d'atteindre 100 à 150 kWc, avec une production annuelle de 105 à 160 MWh. Couplée à un système d'autoconsommation collective (loi PACTE 2019, extension 2023), elle peut alimenter plusieurs copropriétés ou bâtiments voisins dans un rayon de 2 kilomètres.
Les bailleurs sociaux et copropriétés de l'est parisien disposent d'un atout supplémentaire : la production solaire diurne coïncide avec les pics de consommation des parties communes (ascenseurs, ventilation, éclairage). Cette synchronicité fait grimper le taux d'autoconsommation collective au-delà de 70 %, là où une maison plafonne à 40 % sans batterie.
Types de bâti dominants et contraintes techniques
Le diagnostic préalable d'une installation à Montreuil passe d'abord par une lecture du bâti. Trois grandes familles dominent :
- Pavillons de faubourg des années 20-50 : charpente bois, tuiles mécaniques, pente 30-35°, parfait pour une surimposition standard 3-9 kWc
- Immeubles et copropriétés à toiture-terrasse : bac acier ou étanchéité bitumineuse, pose sur bacs lestés non perçants, intervention syndic et idéal pour l'autoconsommation collective
- Pavillons BBC et RT 2012 récents (Fontenay-sous-Bois, Le Perreux-sur-Marne, Villemomble) : tuiles plates noires d'origine, gouttières alu, idéaux pour intégration au bâti et solutions 6-9 kWc avec batterie
Aides locales 93 et leviers complémentaires
La prime à l'autoconsommation nationale a été supprimée par la réforme S21 (juin 2026), mais plusieurs leviers subsistent en Seine-Saint-Denis. L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) peut financer jusqu'à 50 000 € sur 20 ans pour un bouquet de travaux incluant le solaire couplé à de l'isolation. L'ANAH, dans le cadre de Ma Prime Adapt' et MaPrimeRénov' Parcours Accompagné, prend en compte le photovoltaïque thermique pour la production d'eau chaude sanitaire.
Le Département de Seine-Saint-Denis propose ponctuellement des aides à la rénovation énergétique pour les copropriétés et les bâtiments communaux, à compléter par les dispositifs de la Région Île-de-France (chèque énergie + audit énergétique subventionné). Pour les copropriétés et bailleurs sociaux, l'éco-PTZ collectif et les CEE cofinancent les toitures-terrasses PV en autoconsommation collective.
PNS, basée à Montreuil, accompagne ces démarches à chaque étape et adapte le dimensionnement à votre commune, des copropriétés du Bas-Montreuil aux pavillons de faubourg de Bagnolet ou du Pré-Saint-Gervais.
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